Accordez-vous le luxe d’échanger !

logo accorderieConnaissez-vous les accorderies ?
Ne cherchez pas à y aller pour faire accorder vos instruments. Dans une accorderie, ce ne sont pas des instruments mais des services que l’on s’accorde les uns les autres.
Nées dans le sillage des accorderies québéquoises, les premières accorderies en France sont apparues en 2011 et ne cessent de se développer depuis. 4 accorderies existent déjà en Rhône-Alpes: Chambéry, Die, Grenoble et Ambérieu en Bugey.
Zoom sur ce concept venu d’outre-Atlantique, qui n’a pas finit de faire parler de lui !

Qu’est-ce qu’une accorderie ?

Le principe : une accorderie est un lieu qui permet l’échange de services entre les différents adhérents, les « accordeurs ».
La subtilité ? A la différence d’autres systèmes d’échange (comme les SEL par exemple), l’échange est toujours calculé sur le temps passé à rendre un service et non pas sur sa valeur économique ou morale. Une heure = une heure, quel que soit le service : comptabilité, ménage, balade en montagne ou partie de scrabble ! C’est le premier des 5 principes de base inscrits dans la Charte des accorderies.
Certaines restrictions existent. Un accordeur ne peut pas proposer un service pour lequel il est rémunéré par ailleurs, ou pour lequel il a été rémunéré au cours de son activité professionnelle. La question se tranche au cas par cas.

Augmenter le pouvoir d’agir

L’objectif premier est de permettre à des personnes ayant peu de moyens financiers d’accéder à des services qu’ils ne pourraient pas s’offrir autrement. L’accorderie est ainsi un moyen de lutter contre la pauvreté et l’exclusion, tout en recréant du lien social à l’échelle du quartier et de la ville. Une des grandes réussites des accorderies réside dans la mixité qu’elles génèrent, en encouragent des échanges dans la communauté locale entre des personnes d’âges, de classes sociales, de nationalités et de sexes différents. L’action de l’accorderie repose sur des valeurs d’égalité, de solidarité et de reconnaissance des compétences et des talents de tous les citoyens et citoyennes qui deviennent accordeurs. Elle encourage son autogestion par les accordeurs eux-mêmes : chacun a la possibilité de s’investir dans la vie de l’association en étant toujours rémunéré en chèque temps.

Concrètement, ça marche comment ?

Chaque accordeur a un compte temps, sur lequel vont lui être débitées et créditées les heures de service utilisées ou rendues. L’accordeur qui effectue par exemple une heure de dépannage informatique se voit attribuer un crédit de temps, via un chèque, qu’il peut ensuite utiliser comme bon lui semble pour obtenir l’un des services proposés par d’autres accordeurs de son quartier. Une fois connecté à son compte, l’accordeur peut voir son solde d’heures, ainsi que la liste des services proposés par la communauté des accordeurs. Les services, très variés, vont du cours de tango à la coupe de cheveux, en passant par la réalisation de courses, l’accompagnement pour une balade en montagne ou l’aide à la maîtrise de son budget.
Si l’accordeur est intéressé par un service, il prend contact avec la personne qui le propose, puis convient avec elle d’un rendez-vous et d’un nombre d’heure. Si aucun des services proposés ne correspond à son besoin, l’accordeur peut créer un nouveau besoin. A côté de la liste des services proposés s’affiche donc une autre liste, celle des services demandés.
L’animateur du lieu accueille les accordeurs, veille à ce que les échanges se passent bien, débite et crédite les comptes, et anime les temps collectifs conviviaux. Un service, c’est toujours l’occasion de passer du temps ensemble. Au-delà de l’objectif de lutte contre la pauvreté, l’aspect convivialité est primordial.

Un échange à plusieurs niveaux

La Charte détaille 3 niveaux d’échange :
→ l’échange individuel,
→ les activités collectives d’échange
→ l’échange associatif : il s’agit des services achetés en heures par l’accorderie à un ou plusieurs accordeurs pour couvrir les besoins d’organisation et de fonctionnement ou ses activités courantes.
Des ateliers et temps conviviaux sont organisés, participant à la convivialité et l’animation de l’accorderie mais aussi du quartier, de la ville. Ces temps de rencontre permettent aux accordeurs de se rencontrer et de se connaître : on va plus facilement faire des échanges de service avec quelqu’un une fois qu’on se connaît !

Petite histoire des accorderies

Crée au début des années 2000 au Canada, ce concept a eu un tel succès qu’il a traversé l’Atlantique pour se développer en France il y a quelques années. En 2011, les accorderies investissent le territoire français, suite à un partenariat entre le Réseau Accorderie du Québec et la Fondation Macif. La convention entre les deux partenaires a prévu la transmission à la Fondation Macif de la propriété intellectuelle du concept et des outils de gestion pour le territoire français. L’implantation progressive de ce concept commence par le démarrage de deux accorderies, à Paris (19ème arrondissement) et à Chambéry (Savoie) en 2011, et se poursuit à Die, dans d’autres arrondissements de Paris (14e, 18e, Grand-Belleville), Surgères, Bordeaux, Grenoble, Ambérieu en Bugey, Montpellier, Lille, et la toute dernière née, Limoges, qui porte le nombre des accorderies françaises à 13 à ce jour, dont 4 en Rhône-Alpes !
 

Un projet d’Accorderie ?

L’accorderie est de par sa nature un projet collectif  qui doit être porté par un groupe inscrit et mobilisé localement. Pour vous aider à mettre en place le projet, le Réseau des Accorderies de France propose deux à trois réunions d’information par an, première porte du processus d’accompagnement vers la labellisation. En savoir plus ? C’est ici.

Pour aller plus loin

Interview vidéo de Joel Lebosset, fondateur de l’accorderie de Québec